Tendances agroalimentaires

Si le goût redevient l’une des principales priorités des Français, le « manger sain » a de plus en plus le vent en poupe – tendance certainement accentuée par la crise sanitaire du Covid-19.

En effet, pour les Français, « Bien manger » signifie :
– Manger des aliments de bonne qualité : 66%
– Se faire plaisir : 65%
– Manger sain : 63%
– Manger équilibré : 59%

On retrouve cette importance du manger sain (healthyfood) sur les réseaux sociaux, avec une démultiplication des posts Instagram sur le sujet et un nombre de followers de certains comptes important, 600 000 à 1,2 million.
La nourriture perçue comme étant bonne pour la santé est souvent liée à l’absence de produits chimiques, ou à une teneur réduite en sucre ou en matière grasse, d’où l’engouement pour les applications telles que Yuka, Openfoodfacts, Scanup…, mais aussi pour le bio – traditionnellement associé à une alimentation plus saine et plus naturelle – et une croissance du Clean Label.

Manger ne sert plus seulement à se nourrir mais aussi à protéger sa santé et prendre soin de soi, constat que l’on retrouve dans un sondage Ipsos de février 2019 : 77% des Français estiment que la santé fait partie des cinq plus gros enjeux liés à l’alimentation.

Si les liens entre alimentation et santé ne sont pas nouveaux et qu’il reste beaucoup à investiguer dans ce domaine, les enquêtes épidémiologiques et les progrès en matière de connaissance médicale permettent de mieux comprendre les interactions. Ainsi la voie est ouverte vers une nouvelle forme d’alimentation, jusqu’à une « alimentation augmentée ».
On peut d’ores et déjà identifier un certain nombre d’exemples d’aliments ou de produits :

– Les super aliments : aliments naturels à la valeur nutritionnelle exceptionnelle, avec des vertus santé. Ils possèdent des quantités élevées de nutriments, d’antioxydants, d’enzymes, de minéraux, de vitamines, de fibres, d’oligo-éléments, d’acides gras essentiels, d’acides aminés essentiels, de protéines… : spiruline, baies de goji, chou kale, grenade, graines germées…

– Les enrichis : après le lait, les céréales de petit-déjeuner enrichis en calcium, magnésium, vitamines…on voit apparaître une nouvelle génération de produits : barres énergétiques riches en nutriments (IQbars) « pour le corps et l’esprit » , soupes « relax » ou « detox » enrichies en huiles essentielles, boisson contenant de la mélatonine pour « favoriser la relaxation » et aider à « maintenir un cycle de sommeil normal » (Som Sleep)…

– Les fonctionnels, pour une alimentation-prévention : ajout de phytostérols à des margarines, des huiles et des yaourts pour réduire le niveau de « mauvais » cholestérol ; yaourts, boissons et même chips enrichis en probiotiques (en parallèle des produits et boissons fermentés qui en contiennent naturellement et séduisent de plus en plus de consommateurs). A noter toutefois que plusieurs études mettent en doute l’efficacité des probiotiques ajoutés dans les aliments.

La frontière entre aliment et complément alimentaire devient poreuse : les Miraculeux, start-up basée à Paris, commercialise les « Gummies Energie » des compléments alimentaires sous forme de gommes qui “se mâchent comme des bonbons”, pour ceux qui veulent accroître leur immunité ou améliorer leur qualité de sommeil. Unilever a d’ailleurs affiché son intérêt pour ce secteur en rachetant Olly, une startup qui vend des produits similaires.

– Les ciblés (enrichis en protéines et/ou avec une texture, une food form adaptée…) : adressent des personnes fragiles ou malades, séniors ou personnes âgées dépendantes, marché en pleine expansion. Nestlé a ainsi lancé en Chine une poudre de lait destinée aux plus de 50 ans pour lutter contre le déclin cognitif.

Du ciblé au totalement personnalisé ?
Des start-ups s’intéressent au micobiote intestinal :  en Israël a été développée une méthode pour prédire la réponse glycémique individuelle à des aliments ou à une combinaison d’aliments spécifiques en se basant sur l’analyse du microbiote et d’autres facteurs cliniques. En France, Nahibu propose une “nutrition personnalisée par l’analyse de votre microbiote”.

Alimentation-santé, une tendance qui se développe et ouvre un vaste champ de possibilités dans le domaine de l’innovation agroalimentaire, attention toutefois à ne pas oublier la culinarité pour répondre aux attentes des consommateurs -en particulier français- sur le goût !

Sources :
Etude Kantar TNS Food 360, Maddyness,
DayTwo, Nahibu